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lundi 17 juillet 2017

La cuisine du Club Poker Radio : the place to be !

Ce jeudi 29 juin avait lieu la dernière émission de la saison pour le Club Poker Radio. Ayant été invité en début de saison par Webmaster Laurent, le boss du Club Poker, j'avais bien évidemment autorisation de revenir assister à l'émission, mais cette fois en tant que simple spectateur. Sachant que je venais  quelques jours auparavant de remporter un tournoi spécial estampillé Club Poker sur le site en ligne de PokerStars, j'avais droit à un magnum de champagne en guise de dotation bonus, et je me suis donc aussitôt proposé de venir boire cet exquis breuvage en compagnie de l'équipe de choc du Club Poker, dans les locaux du Club Poker Radio. Quel merveilleux prétexte. Et puis les bonnes choses sont faites pour être partagées avec celles et ceux qui en valent la peine. Les gens intéressants, dans le milieu du poker, il n'y en a pas tant que ça. Las ! L'absence du brillantissime SuperCaddy, rédacteur de choc de l'équipe et véritable pilier en acier inoxydable du site internet ClubPoker de par la qualité et l'abondance de ses articles poker à la qualité inégalée, a reporté mes velléités de champagne partagé en bonne compagnie. Et une fois l'émission finie, je suis rentré à la maison avec ma bouteille sous le bras, me promettant de retenter ma chance en début de saison prochaine, lorsque le trio de choc Webmaster-Webdesigner-SuperCaddy sera de nouveau au complet.

minuit dans les studios du Club Poker Radio
Il n'en demeure pas moins que j'ai pu assister en direct à la dernière émission de la saison, avec deux invités intéressants, spécialisés dans les formats courts à deux ou trois joueurs : "Expressos", "Spin and go", "Heads Up turbo". Le poker, c'est comme l'athlétisme, en somme. Bien que regroupées sous une seule appellation, il existe pas mal de disciplines radicalement différentes ; un spécialiste de sprint n'a rien à voir au niveau de sa morphologie et de son endurance avec un lanceur de javelot ou un coureur de 3.000 mètres steeple. Il en va de même au poker avec un spécialiste de cash game, de tournoi (MTT), ou de mini sit and go. Or donc, il existe un segment dédié à ce troisième type de formats. Peu prisé des joueurs professionnels, mais manifestement rentable pour qui sait en appréhender les subtilités. Une émission très intéressante à écouter, au regard du coup de projecteur sur cette discipline à part du poker.

Autre particularité notable de cette dernière émission de l'année : la foule était nombreuse, malgré l'étroitesse des locaux, bon nombre de joueurs parmi les posteurs les appréciés des forums du Club Poker avaient décidé de répondre présent. Pendant l'enregistrement de l'émission, la majeure partie d'entre eux durent migrer vers la cuisine afin de poursuivre leurs discussions endiablées, un verre à la main, sans (trop) perturber le cours normal des interviews. Pour ma part, j'ai fait preuve de sagesse et de sobriété, mais certains n'ont pas hésité à éprouver leur endurance à l'alcool. Comment autant de monde a pu disserter autant de temps dans aussi peu d'espace ? Mystère. Dans le Landerneau du poker hexagonal, la cuisine du Club Poker Radio était vraiment the place to be, en ce jeudi 29 juin, encore plus que d'accoutumée. Pas sûr qu'elle ait été bien confortable pour tous au regard de son exigüité. Mais dieu qu'elle fut conviviale si l'on se réfère aux cris de joie et autres gloussements qui en sortirent tout le long de la soirée ! Quant à moi, peu familiarisé avec cette foule d'invités, je choisis donc de faire preuve d'une sobriété sans faille. Mais j'ai quand même passé un bon moment en privilégiant le studio par rapport à cette satanée cuisine. Et je comprends mieux sa réputation sulfureuse, désormais.

Note pour le lecteur féru de poker : si à 50 ans tu n'as pas mis au moins les pieds une fois dans la cuisine du Club Poker Radio, c'est que tu as loupé ta carrière de joueur.

jeudi 6 juillet 2017

Le soleil de juin

Le soleil a bel et bien brillé pour moi en juin !
Nous sommes en juillet et la trêve estivale pointe enfin le bout de son nez. Sur le plan poker, mon premier semestre 2017 s'achève sur un bilan plus que mitigé. Mais le mois de juin aura contribué à amoindrir ma frustration passagère liée à un manque chronique de réussite depuis janvier. En effet, je viens de boucler un mois de juin très encourageant, avec enfin un bénéfice à quatre chiffres ! Il était vraiment temps de m'extraire de la morosité, car la variance avait commencé à entamer quelque peu mon moral. Le soleil de juin m'a fait du bien, c'est un fait. Mais pas au point de me rendre pleinement heureux pour autant, car j'aurais pu faire bien mieux si je n'avais pas raté de peu ma cible lors de deux ou trois tournois particulièrement importants. Au poker plus qu'ailleurs, la frontière entre succès retentissant et médiocrité des résultats est extrêmement mince. On passe ainsi d'un cycle à l'autre sans y être préparé, sans même un quelconque signe avant-coureur.

Une chose est certaine, le Omaha constitue mon domaine de prédilection, celui où mon aisance technique par rapport à mes adversaires me procure un avantage substantiel, presque palpable, dans des proportions largement supérieures au Texas Hold'em. Quant aux autres variantes auxquelles je m'adonne occasionnellement, rien de bien croustillant à se mettre sous la dent. Du moins pour le moment (et il faut dire que le marché des variantes est particulièrement étroit pour le moment).

J'avais énoncé en début d'année ma volonté de prôner la "solution offensive" dans mon approche de mes tournois, une méthodologie axée sur une prise de risques supérieure par rapport aux années passées. Mais j'ai trébuché dès le départ et réduit quelque peu la voilure, et c'est comme ça qu'un semestre s'est écoulé sans la moindre performance retentissante de ma part. Inhabituel. Mais pas d'affolement. C'est aussi, ça, la variance : des périodes fastes à vivre le sourire aux lèvres, et des périodes de disette à endurer en silence, les dents serrés. Disons que juin m'aura permis de desserrer les dents.

L'année n'est pas finie et je saurai mettre les bouchées double prochainement, histoire de retrouver une dynamique positive et un vrai sourire de champion en herbe. D'autant que le marché du poker hexagonal en ligne est sur le point d'ouvrir un nouveau chapitre de son histoire, puisqu'un décloisonnement semble poindre pour octobre : français, espagnols, italiens et portugais devraient pouvoir batailler les uns contre les autres sous peu. Du changement en perspective, donc. Et aussi de nouveaux noms d'oiseau sur les chats de discussion, sans doute...
 



jeudi 29 juin 2017

Frais deal

Si je n'avais pas une morale aussi élevée, j'aurais certainement été un commercial de grand talent. Fredyl vendeur de cheminées. Ou de voitures de sport. Avec des commissions aussi juteuses que peu méritées, dans le fond. Ma profonde indifférence vis-à-vis de l'argent et mon sens inné de la justice m'ont toutefois vacciné contre ce type de virus fondé sur le matérialisme pur et dur.

Impossible néanmoins d'oublier ce séminaire dans le Morvan auquel j'eus la chance de participer lors de mon ultime année d'études. Notre directeur, homme pragmatique, avait cru bon de booster le capital négociation de ses étudiants, en faisant appel à deux intervenants de choc spécialisés dans des mises en situation et autres jeux de négociation et d'improvisation : trois ou quatre jours durant, mes camarades de promotion et moi partîmes ainsi nous isoler, afin que nous soient dévoilées les arcanes de la négociation. Grand amateur de jeux de rôle, fin stratège, plein d'empathie et calculant de façon intuitive à grande vitesse le champ des possibles, je me suis montré particulièrement à mon avantage lors de ce séminaire. Au point de marquer les esprits de mes camarades de promotion et des intervenants. Ce fut pour moi un jeu d'enfant. Dans tous les sens du terme. Mais je me suis promis de ne pas abuser de ce talent de négociateur-né dans la vraie vie. Car il devient presque systématiquement vecteur d'injustice. Tirer la couverture à soi, c'est consentir cyniquement à la pneumonie d'autrui. Et j'ai du mal à le supporter, car j'aime mon prochain autant que moi-même.

Venons-en maintenant au poker. L'échelle des gains des tournois (hors satellites) est bâtie de façon exponentielle, afin d'appâter le chaland. De la sorte, le vainqueur final empoche à lui seul une part substantielle de la dotation (environ 15 à 20% de la cagnotte totale récoltée par les inscriptions). On se dit que l'être humain est bien facile à berner : quand bien même il n'y ait qu'un seul gagnant au final, le montant promis au gagnant est tape à l'oeil à l'extrême, et accentue l'envie de participer. Ceci explique d'ailleurs en partie pourquoi le poker de tournoi est un jeu de frustration permanente. Le dotation alléchante promise au vainqueur entretient à merveille ce jeu de dupe !!

Quoi qu'il en soit, pour que la frustration d'une place d'honneur ressentie sur le plan ludique ne soit pas systématiquement couplée avec la frustration financière que génère l'écart de gains entre les premiers, et afin de lutter contre des paliers aux allures de paroi trop lisse pour les ultimes survivants, les casinos ainsi que les plateformes de poker en ligne permettent le plus souvent de négocier les montants répartis entre les derniers joueurs en lice, afin de faire en sorte d'atténuer quelque peu la variance, et notamment d'amoindrir la frustration d'un hypothétique bad beat. On négocie, donc. Dans le jargon du poker, on appelle ça un deal, tout comme dans le milieu des affaires.

Beaucoup de choses ayant été dites depuis des années sur les forums par des professionnels du monde du poker sur le deal des montants, je vais éviter d'entrer dans les détails mathématiques trop techniques et quelque peu rébarbatifs (edge supposé, répartition des gains selon la notion d'ICM ou bien au prorata des jetons, etc.) et me contenter de livrer ici quelques observations empiriques issues de mes expériences propres. Le poker est un jeu ; dès lors, négocier à son avantage n'est pas vraiment truander (quand bien même cela génère un impact sur le plan financier) : ça fait pleinement partie du jeu ! Puisque je sais que parfois les deals en live réservent des surprises de taille, je songe au jour où ceci pourrait m'arriver pour des montants substantiels. Après tout, remporter des tournois live d'envergure, ça figure au programme de ma conquête du poker. Alors autant être à l'aise dans toutes les disciplines du poker, y compris dans celle, relativement peu fréquente, de la négociation.

A bien y réfléchir, partant du postulat que je suis techniquement plus doué que mes adversaires, je devrais accepter de dealer bien moins souvent que la moyenne lorsque arrive l'occasion de négocier mes fins de tournoi avec un crayon et une calculette plutôt qu'avec les cartes en main. Mais depuis quelques mois, curieux de tester par moi même les vices et vertus des deals négociés en fin de tournoi, j'ai tendance à m'inscrire bien davantage que par le passé sur des tournois en ligne dont le nombre de participants est modeste, ce qui a pour conséquence que je peux ainsi maximiser mes chances de me retrouver en table finale, prêt à négocier la répartition des gains. Dès que l'occasion se présente, j'exprime donc de façon récurrente ma volonté de parvenir à un deal. Ces tests - s'agissant de petits deals le plus souvent simplistes - me permettent ainsi de peaufiner ma connaissance et ma maîtrise de cet aspect bien particulier du poker, afin de mieux définir ma marge de manoeuvre potentielle. Il y a pas mal de ressorts psychologiques à appréhender, en dehors des considérations purement mathématiques. De ce fait, mon apprentissage par l'expérimentation est loin d'être superflu.

Sachant qu'en ligne celui habilité à proposer les montants est celui qui est provisoirement leader du tournoi (sauf sur PokerStars où c'est un modérateur qui intervient), mes tests en matière de deal sont particulièrement intéressants lorsque je suis aux manettes et que je peux ainsi essayer de gratter quelques euros dans la négociation, l'air de rien, afin de déterminer le taux d'acceptation implicite des parties adverses dans des circonstances données (à 2, à 3 ou à 4 joueurs, le tout en fonction du profil et des motivations de chacun). Pour le moment, je maintiens ce rythme consistant à accepter de négocier fréquemment, même si  je prévois à terme de stopper ce petit exercice de style. Voilà donc un bon moyen de travailler à moindres frais mes gammes dans une discipline, la négociation, qui pourrait s'avérer importante un jour futur en live. A condition bien entendu que le Dieu du Poker soit d'accord avec mes projets !



samedi 24 juin 2017

Mes images simples du bonheur : hommage posthume à Véronique Robert


A mes yeux, le mot liberté n'est pas un vain mot, car il se trouve que je suis un être humain qui cultive sa propre liberté bien davantage que la moyenne. Ceci m'a causé pas mal d'ennuis, dans la vie. Mais cela m'a aussi procuré quelques moments de bonheur pur. Mon profond goût pour la liberté explique d'ailleurs en partie pourquoi je me suis autant senti subjugué par le poker dès l'instant où je me suis réellement intéressé à ce jeu. Car le poker constitue un formidable vecteur de liberté, puisque tout est virtuellement possible lorsqu'on démarre une session de jeu, que ce soit lors d'une partie en ligne ou en live. C'est ainsi que contre toute attente, si l'on devait me demander quelles images mon cerveau a choisi pour illustrer au mieux ma définition du bonheur authentique et sans artifices, outre les souvenirs intimes liés à la famille, je repense spontanément à ce chien errant qui m'a adopté le temps de mon de séjour à La Serena au Chili il y a quelques années, mais je me remémore aussi le sourire radieux de la journaliste suisse Véronique Robert lors de mon premier tournoi live payant de poker, au Cercle Clichy Montmartre de Paris il y a trois ans. Ces deux souvenirs-là, pourtant anodins, font partie des plus précieux que je possède. Pour rien au monde je ne souhaiterais les oublier.


A La Serena, petite ville tranquille du Chili fréquentée par bon nombre de baroudeurs et autres backpackers occidentaux, j'ai fait la connaissance à mon hôtel de Fiona, une charmante blondinette anglaise, avec laquelle j'ai arpenté la ville deux jours durant, du matin au soir, flanqué d'un chien errant qui avait décidé de nous adopter le temps de notre passage, sans que l'on sache bien pourquoi. Ce chien nous a suivis partout. Lorsque nous nous arrêtions pour nous restaurer, il s'arrêtait sagement devant l'établissement. Idem lorsque nous pénétrions dans une boutique. Nous l'avons nourri et abreuvé le plus naturellement du monde, dans une sorte de symbiose, sans que jamais il ne joue la carte de l'apitoiement. Plus incroyable encore : il a dormi deux nuits de suite devant le porche de notre hôtel, attendant à chaque fois patiemment notre sortie, sans se départir de sa fidélité, au point de nous escorter jusqu'au terminal de bus lorsque Fiona et moi repartîmes vers d'autres horizons. Je repense encore au dernier regard empli de nostalgie - voire de détresse - que nous avons échangé par la vitre de l'autocar au moment du départ, sachant que ce chien errant venait de me procurer la veille un souvenir magique et inoubliable, une image authentique de ce que j'appelle le bonheur.
Le phare de La Serena, Chili

La veille, alors que nous nous promenions en marchant sur le sable, les pieds déchaussés, le long de la plage aux abords du phare de La Serena, ce chien facétieux s'était littéralement rué contre les vagues afin de se rafraichir, alternant courses endiablées derrière les mouettes et promptes baignades dans les rouleaux. Sans oublier de malgré tout suivre notre cadence, à Fiona et à moi, épousant notre rythme au fur et à mesure de notre progression le long de la plage et se secouant dès que possible, projetant contre nous des gouttes d'eau salées dans un maelstrom humide empli de joie, de chaos et d'insouciance. Humant alors la brise iodée et contemplant ce chien pourchassant les mouettes à nos côtés par pur plaisir, j'ai parfaitement souvenir de m'être dit que le moment que je vivais là, avec Fiona à ma gauche et ce chien espiègle à ma droite, correspondait parfaitement à ma définition de ce qu'est le bonheur. Un moment simple, une tranche de vie dont la beauté se suffit à elle-même. Ce jour-là, j'ai ressenti la liberté pour ce qu'elle est vraiment : un pur moment de bonheur vagabond. Un fabuleux trésor pour mon âme. Un souvenir aussi futile qu'inoubliable.



Une image simple du bonheur
Véronique Robert, reporter de guerre, était probablement elle aussi une femme profondément éprise de liberté. Il n'y a qu'à observer le parcours qui fut le sien pour s'en convaincre. Pour exercer un métier tel que le sien, dans les endroits les plus dangereux du globe, sans se départir ni de sa bonne humeur, ni de sa féminité, ni de son professionnalisme reconnu de tous, il fallait bien qu'elle fût femme d'exception, carburant à l'adrénaline. Véronique Robert était une authentique fan de poker, bien connue des cercles de jeux parisiens. Pas forcément la plus douée. Mais assurément l'une des plus passionnées par ce jeu. Lorsque je me suis qualifié pour mon premier tournoi live payant, la finale du Winamax Poker Tour au Cercle Clichy Montmartre, j'ai eu la chance d'avoir Véronique Robert à ma table. Je ne la connaissais pas. Mais elle m'a profondément marqué, au point de laisser à jamais gravé dans mon esprit une authentique image du bonheur. Non pas parce qu'elle était la seule femme de la table. Non pas pour son collier scintillant, ses bagues aux reflets chatoyants, son look soigné lui conférant un style impeccable et une blancheur de colombe. J'ai perdu un énorme pot contre elle qui m'a lourdement handicapé pour la suite du tournoi... j'ai pesté contre elle, certes, mais je ne lui en ai pas voulu le moins du monde. Si cette personne m'a profondément marqué, c'est tout simplement parce qu'il émanait d'elle une immense bonté : elle était heureuse d'être là, assise à une table de poker entourée d'inconnus, véritable colombe immaculée parmi les rapaces, faucons et vrais cons, présents à la table. Et tandis que la nuit était déjà bien avancée, nos regards se sont longuement croisés à un moment : elle a alors choisi cet instant anodin pour m'offrir le plus chaleureux sourire qu'une femme m'ait jamais fait de toute ma vie. Et quand j'emploie le mot offrir, je mesure pleinement le sens de ce mot. A ce moment précis, j'ai compris qu'elle m'offrait un échantillon gratuit de bonheur. Et je lui en suis éternellement reconnaissant. Car le bonheur via le poker, c'est aussi ça : le partage d'instants de vie anodins, sans prétention ni barrière sociale, avec comme seule véritable monnaie d'échange la complicité et la bienveillance de regards échangés dans le cadre d'un simple jeu.

Le simple fait d'évoquer ce souvenir merveilleux laissé par Véronique Robert, qui constitue pour moi la parfaite image du bonheur futile et magique tout à la fois là encore, suffit à embrumer mes yeux pour la dixième fois aujourd'hui, sinon plus. Et à l'instant où je rédige ces lignes, des larmes coulent silencieusement le long de mes joues. Car Véronique Robert a succombé à ses blessures ce samedi 24 juin 2017, après avoir été grièvement blessée par l'explosion d'une mine à Mossoul en début de semaine, alors qu'elle tournait un reportage pour Envoyé Spécial le magazine d'information de France 2. Je veux que tous ceux qui aiment le poker et qui lisent ces lignes sachent que cette femme restera à jamais au panthéon de mes plus beaux souvenirs. Car elle a su m'irradier de bonheur, d'un simple sourire un soir, autour d'une table de poker.


Les plus belles image du bonheur sont souvent parmi les plus improbables ou les plus anodines. Puisse l'âme de Véronique Robert reposer en paix. Elle fut un phare contre l'obscurantisme en tant que journaliste. Mais elle fut aussi lumineuse en tant que joueuse passionnée de poker. Sa lumière subsistera en moi au travers de cet incroyable sourire.




mercredi 21 juin 2017

5 minutes douche comprise : joue-la comme Chirac ! (online)

En ces temps de canicule, on a envie de se rafraîchir dès que possible, aussi je voudrais sortir des sentiers battus et évoquer aujourd'hui avec malice une petite histoire de douche mêlant à la fois poker, hygiène, politique et pouvoir.

Les blogs consacrés au poker ont plutôt tendance à se ressembler : l'originalité y est rarement de mise. Ca y parle essentiellement de technique - parfois jusqu'à l'écoeurement - le tout enrobé dans des écrits rarement dépourvus de lacunes orthographiques ou syntaxiques, ce qui rend l'ensemble assez rebutant pour ceux qui n'en maitrisent pas les arcanes. Bref, dès mes débuts en 2013, j'eus tôt fait de délaisser les blogs poker écrits par les autres pour me consacrer au mien. Je l'ai créé il y a un peu plus de quatre ans désormais, dans le but d'accompagner de façon ludique et originale ma découverte, ma progression et ma conquête planifiée de cet étrange univers fait de cartes et de jetons qu'est le poker. L'idée principale était qu'un profane doit pouvoir lire mon blog poker sans être aussitôt rebuté par le jargon ultra anglicisé et les tartines techniques réservées à l'élite de la discipline. Parfois j'en viens à me demander si je respecte toujours cette ligne directrice initiale. J'essaye en tous les cas de ne pas trop m'en écarter. C'est pourquoi j'ai ici envie de faire montre de davantage d'originalité que d'accoutumée dans mon approche de ce jeu. Quelques uns des joueurs passionnés se reconnaîtront peut-être d'ailleurs en lisant ces lignes...

2017 aura été l'occasion pour les français de renouveler leur Président de la République. Mais il n'y a pas si longtemps, de 1995 à 2007, la France eut pour président Jacques Chirac. Un président haut en couleurs avec ses vices et ses vertus. A posteriori, une fois sa carrière politique derrière lui l'entourage de Jacques Chirac - incluant son épouse et son ancien chauffeur - n'ont pas hésité à lui dresser une réputation de véritable Casanova de la politique, qui au summum de sa forme, enchaînait les conquêtes avec fougue et célérité. C'est ainsi que l'homme devint légende. De son vivant.
Chirac, l'homonyme de shark ?

3 minutes pour con-vaincre
On doit ainsi à Bernadette Chirac dans un entretien-confidence avec le journaliste Patrick de Carolis la citation célèbre selon laquelle avec son volage de mari, "les filles, ça galopait ; je les connais toutes". Peu avare en confidences lui aussi, son ex-chauffeur Jean-Claude Laumond dévoile dans le livre "25 ans avec lui" quelques perles dont l'une des plus fameuses restera : "Chirac a eu, jusqu'à l'écoeurement, les militantes du parti, les secrétaires de l'organisation, toutes celles avec lesquelles il passait cinq minutes affairées au sixième étage du 123 rue de Lille, redescendant l'oeil vif et les chaussettes tirebouchonnées.(...) Une plaisanterie courait parmi le personnel féminin de la rue de Lille : "Chirac ? Trois minutes, douche comprise !" Rien d'étonnant, après tout. Lorsqu'on est un homme de pouvoir charismatique débordant de responsabilités avec un emploi du temps surchargé, on a tôt fait de subjuguer la gent féminine. Mais le temps est précieux. Surtout celui réservé au coït extra-conjugal.

Revenons à présent à la sphère du poker, car cette anecdote racontée sous forme de boutade ne saurait être 100% futile. Bien au contraire. Pour en avoir ressenti à moult reprises les bienfaits, je suis à présent persuadé que la prise d'une douche expresse lors des pauses des tournois peut avoir des vertus salutaires sur le plan mental. Un excellent moyen à la fois de stopper d'éventuelles velléités de tilt tout en rationalisant son temps de vie disponible. Tout joueur de poker passionné et investi dans son approche de ce jeu sait que tout comme en politique, le temps libre constitue une denrée rare et précieuse. Quelle que soit la plateforme de poker en ligne sur laquelle on joue, les cinq dernières minutes de chaque heure pleine de session de poker de tournoi sont consacrées à la pause. Cinq minutes de pause par heure, donc. Et pas une de plus. Histoire de soulager les yeux, l'esprit ou bien encore la vessie. Cinq minutes pour faire bouillir un thé, grignoter un morceau, répondre à un e-mail, passer un rapide coup de fil, que sais-je encore ? Cinq minutes de battement toutes les heures, ça permet de faire pas mal de choses.

Mais lorsqu'on ambitionne de prendre une douche pendant ladite pause des tournois de poker (surtout à la pause critique de 20h55 alors que l'on est encore inscrit sur pléthore de tables différentes), eh bien chaque seconde compte ! Car 5 minutes, ce ne sont que 300 secondes et lorsque je veux me doucher lors de telles pauses il me faut alors être capable de quitter promptement mon siège, me rendre dans la salle de bain, me dévêtir à vitesse grand V tel un irradié radioactif, pénétrer dans la douche, faire couler l'eau du pommeau, attendre qu'elle soit à la bonne température pour que le jet entre en contact avec la peau, savonner harmonieusement l'ensemble du corps, le rincer, choper une serviette, m'essuyer prestement, remettre la main sur un vêtement propre et m'assoir en sentant bon de partout. Le tout en limitant d'éventuelles gouttes d'eau qui dégoulinent sous les pieds. C'est donc une opération délicate dès lors qu'on entende la mener à bien dans le laps de temps imparti.

300 secondes chrono
Prendre une douche à la pause des tournois constitue une gageure, puisqu'il faut savoir faire preuve de timing, histoire de revenir aux tables avant l'obtention du statut "absent" et de se faire voler ses blindes. Mais le jeu en vaut probablement la chandelle. Car je trouve à cette pratique davantage de bienfaits que d'inconvénients. A commencer par le fait de pouvoir retrouver de l'aplomb et de la lucidité avant les batailles décisives et les coups charnière de fin de soirée. Je ne saurais dire combien de joueurs ont l'audace (ou la folie) de consacrer une partie de leurs pauses horaires à la douche expresse en 5 minutes telle que je la pratique. Mais plus j'y songe et plus je me dis que ces pauses bienfaitrices au poker méritent bel et bien selon moi le label "facteur de réussite au poker". Il ne se passe quasiment pas une semaine sans que j'y aie recours. Testé et approuvé par Fredyl.


Si tu veux réussir au poker, joue-la comme Chirac. Cinq minutes, douche comprise.

mardi 20 juin 2017

Coup de Chance (2e partie) : quinte flush royale !

Je faisais référence dans mon précédent article à ma quinte flush royale sur Winamax qui m'avait valu un bonus spécial, voici le résultat en images, sachant que la quinte flush royale associant les cinq cartes les plus hautes de la même couleur est une main rarissime en Texas Hold'em. La plus improbable, à vrai dire. En obtenir une constitue un fait déjà remarquablement chanceux en soi. Cela ne m'est pas arrivé souvent par le passé. C'est nettement plus fréquent d'en obtenir une en Omaha, mais en Texas Hold'em ça reste une curiosité qui apporte quelques exquis frissons à la table.

Mais là où le coup de chance devient absolu, c'est de l'obtenir sur l'un des deux seuls tournois de la grille de Winamax proposant un tel bonus en prime, alors même que l'opérateur propose une offre diversifiée de plusieurs milliers de tournois par semaine et que ces derniers ne proposent pas un tel bonus ! Ce coup de chance obtenu sur le tournoi communautaire Lucky Tuesday me rapporte donc la bagatelle de 560 euros de bonus. C'est totalement immérité. Mais c'est beau à voir... et encore plus à vivre. Une chose est certaine : ça m'a mis de bonne humeur pour quelques temps. On prend cette offrande pour ce qu'elle est : une offrande du Dieu du Poker. Merci et vivement la prochaine !!

Et voilà le travail !

jeudi 15 juin 2017

Coup de chance (1ère partie) : quinte flush royale !

Quinte flush royale comme dans les films
Au poker, la réussite fonctionne de façon chaotique. Preuve en est, ce mardi 13 juin 2017, j'ai connu une très belle soirée comme cela ne m'était pas arrivé depuis bien longtemps : présent sur tous les fronts, j'ai notamment remporté deux tournois et obtenu une seconde place. Mais ce n'est pas tout, puisqu'au passage j'ai notamment décroché un petit jackpot surprise du fait d'une quinte flush royale à pique. Résultat des courses, une soirée bénéficiaire à près de 1.000 euros, ce qui ne m'était pas arrivé depuis belle lurette. Il y a de quoi être satisfait par pareil coup de chance.

Il faut dire que depuis le début de l'année 2017, mon logiciel de suivi de performances Xeester m'indiquait l'avènement d'un écart significatif en ma défaveur au niveau de l'équité de mes mains entre leur effectivité (EV réel) et ce qu'il aurait du m'advenir selon les probabilités des mains jouées (EV théorique). En d'autres termes : la malchance est bel et bien là, statistiquement palpable. Et dans un cas pareil, il s'agit de faire le dos rond en espérant que cela n'atteigne pas le moral. Car après la pluie, le beau temps.

Comme sur le long terme chance et malchance ont tendance à s'équilibrer, je considère que ce petit coup de chance soudain n'est qu'un "ajustement" faisant partie de l'ordre des choses, à l'image d'une clause de retour à meilleure fortune, concept juridique applicable en droit des sociétés lorsque les bilans récents ont été moroses. Et suite à pareille embellie, me voici de nouveau à espérer des bénéfices substantiels futurs, afin que les affaires reprennent, en somme... Les nuages enfin dissipés, j'entrevois un ciel bleu qui s'annonce, au propre comme au figuré. Car il va bientôt être temps pour moi de songer à d'autres loisirs qu'au poker : la période estivale n'est pas propice au jeu et j'ai déjà pas mal réduit mon volume ces dernières semaines. Quoi qu'il en soit, suite à ce petit coup de chance, je me dis que ma période de disette touche à sa fin, quand bien même on ne soit jamais à l'abri d'un orage estival.

Le moral remonte. Dame Chance ne m'oublie pas. Tôt ou tard, elle finit pas me faire coucou. Je suis son enfant chéri. Du moins, j'aime à le croire...


jeudi 8 juin 2017

Le frisson printanier de mai

A la faveur d'un petit sursaut d'activité aux tables de poker en fin de mois et d'un brin de réussite, je conclus enfin un mois avec un bénéfice satisfaisant. Le premier de l'année. Il était temps que la période de disette prenne fin. Ce n'est toujours pas le Pérou, mais vu qu'on navigue à marée basse, on se contentera de ces quelques piécettes récoltées de ci de là. En attendant mieux dans la seconde partie de l'année. 

Reprendre du poil de la bête !
Mon logiciel Xeester m'envoie des signaux positifs malgré ce début d'année 2017 plus que poussif en termes de résultats financiers purs : la variance demeure donc la principale raison de ma méforme du moment en termes de résultats. Je retrouve un semblant de moral. D'autant que j'ai l'impression d'avoir fait des micro-progrès ces dernières semaines en Omaha (alors même que je croyais avoir atteint mon zénith dans la maîtrise de cette variante). Je suis parcouru de frissons printaniers en rédigeant ces quelques lignes et je sens que je reprends du poil de la bête. Ce n'est pas pour rien que le renard polaire est mon animal-totem : endurer le blizzard hivernal sans broncher pour mieux rebondir dès le retour des premières lueurs est sa spécialité. A présent, il va falloir songer à se remplir la panse. A l'attaque !


lundi 29 mai 2017

Multiplex poker & Co.

Mon invitation à participer au Multiplex Poker de Winamax constitue mon seul fait d'armes de ces dernières semaines. Et pourtant, je ne me suis pas empressé d'en dresser un petit compte-rendu. Autant dire que le poker est loin d'être prioritaire ces temps derniers. Toujours est-il qu'il serait malvenu de ma part de bouder mon plaisir au moment d'évoquer les heures joyeuses vécues à cette occasion.

Tom et l'épée légendaire du WIPT
Avoir été officiellement invité au Multiplex Poker en ce printemps 2017 dans les prestigieux locaux de Winamax situés rue de Grenelle dans le 7e arrondissement de Paris, constitue à la fois un privilège accordé à très peu de personnes et un honneur (au même titre que le Club Poker Radio à l'automne dernier). J'ai conscience que ce petit coup de projecteur médiatique est bon pour la confiance, puisque de nature à légitimer ma présence dans l'arène poker. C'est une forme de reconnaissance symbolique du chemin parcouru, quand bien même ce ne soit pas encore une autoroute asphaltée. En ce qui concerne la nature et le pedigree des invités présents à l'émission, il y a grosso modo un tiers de joueurs professionnels issus de l'écurie Winamax, un tiers de joueurs professionnels autres ayant récemment connu un gros succès sur le circuit, tandis que le dernier tiers est réservé à des joueurs amateurs passionnés ou à des personnalités. Je fais partie de cette troisième catégorie de joueurs passionnés, et je n'en suis pas peu fier. Beaucoup d'invités terminent l'émission avec une grosse bosse sur le front en raison d'une poutre traitresse (le studio étant situé sur une mezzanine dans les combles de l'immeuble), mais Tom et moi avons su déjouer sans aucun problème cet obstacle. En revanche, impossible de déloger l'épée du WIPT prisonnière sa gangue rocheuse dans le hall : pas moyen d'être couronné roi du poker tout de suite !

Je le répète inlassablement et en toute objectivité : Les équipes de Winamax sont de loin les meilleures sur le marché du poker en ligne français. Ce leadership en termes de créativité ne se dément pas lorsqu'il s'agit d'évoquer le segment de la communication : il suffit ainsi d'avoir le logiciel Winamax activé pour que la radio s'allume toute seule chaque dimanche, de telle sorte que bon nombre de joueurs passifs l'écoutent quand même, alors que sinon ils ne feraient pas l'effort de se connecter. Ce n'est pas rien, comme tour de force, que de parvenir à se faire entendre par des oreilles profanes ! L'émission peut également être écoutée en Podcast.

Benny et Yu débarquent sur Betclic Poker le dimanche.
Face au leader français, les autres plate-formes ne proposent de leur côté qu'un maigre contenu audiovisuel. PokerStars a opéré des coupes sombres dans son budget communication de telle sorte que les lives de PokerStars Live ont cessé d'occuper efficacement le terrain médiatique. PMU Poker a certes eu la bonne idée de reprendre sous sa bannière les sessions Twitch et Facebook Live de Johan Guilbert (joueur de talent plus connu sous le pseudo de Yoh Viral), mais le créneau du dimanche soir est extrêmement concurrentiel, du fait de l'implantation solide du Multiplex Poker dans le paysage audiovisuel poker hexagonal ou bien encore de l'affiche de Ligue 1 de football, sur Canal+. On signalera toutefois le lancement récent d'une nouvelle émission Twitch le dimanche en fin d'après-midi (18h) en partenariat avec Betclic, baptisée l'Aquarium, avec le tandem de génie Benny et Yu aux manettes, et qui déborde du cadre strict du poker pour aller lorgner également du côté du gaming.

Tout joueur régulier de poker sait que le Multiplex Poker constitue la grand messe dominicale pour les passionnés, puisque cinq heures durant - de 20h à 01h, cette émission conviviale du dimanche soir égaye les sessions des joueurs, avec des quiz mais aussi des news liées à l'actualité poker et des débats de fond. Sur le moment, j'ai passé une excellente soirée. Un parfait exercice d'équilibriste qui demeurera longtemps dans mes souvenirs. L'ambiance était chouette, les anecdotes et jeux de mots distillés par mon binôme Tom et moi plutôt de nature croustillante, et nous avons su tirer notre épingle du jeu en compagnie des talentueux animateurs habituels que sont Benjo, Harper et JayPee avec pas mal de spontanéité. Il faut dire que le concept est bien rodé et les animateurs au taquet, l'émission existant depuis 5 cinq ans maintenant.

Une hégémonie de Winamax sur le plan de la communication encore renforcée par un partenariat d'envergure avec la radio RMC et la mise en place de passerelles et de synergies entre l'équipe du Multiplex Poker et le RMC Poker Show (présenté par Daniel Riolo le dimanche à minuit). A l'heure des grandes manoeuvres en coulisses, puisque le marché français est sur le point de se décloisonner dans les mois à venir, nul doute que les équipes de Winamax sauront saisir une opportunité nouvelle en élargissant leur horizon de façon efficace aux marchés italiens, espagnols ou encore portugais. L'ambiance de start-up qui se dégage lorsqu'on se promène dans leurs locaux devrait constituer une nouvelle fois un atout au moment de devenir polyglottes. Qui vivra verra.




mardi 9 mai 2017

Winamax Club Trophy : un tournoi de gala haut de gamme !

Celui qui a lu "Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi" de Jean-Christophe Ruffin comprendra à quel point laisser maturer un certain temps les souvenirs et les sensations peut s'avérer efficace lorsqu'il s'agit de retranscrire avec passion un vécu ressenti comme intense sur le moment, à l'image de la couche de vernis que l'on applique avec délicatesse sur un tableau : par un subtil jeu de lumières, le présent se teinte alors de la nostalgie du passé et le vernis brillant sublime la toile tout en se muant en rempart efficace contre l'oubli et les ravages du temps.


Le Winamax Club Trophy édition 2017 s'est tenu les 29 et 30 avril à Paris, dans l'enceinte de l'hôtel Pullman Bercy, à quelques mètres de la Seine qui a coulé d'un débit régulier et serein tout le long de l'événement. Il faut dire que la météo fût clémente, ce qui eut pour effet de magnifier la soirée du samedi, passée sur une péniche taille XXL capable d'accueillir plusieurs centaines de convives sans qu'il y ait besoin de jouer des coudes. Les qualifications gratuites en ligne sur Winamax ayant eu lieu en janvier et février, cela faisait quelques semaines que mon binôme Thomas (alias Tom_Larson) et moi trépignions d'impatience à l'idée de vivre cet événement et de défendre au mieux nos couleurs. Nous avions pris la première place du classement général dès la première manche qualificative et avons su la conserver jusqu'à la fin. Mais le plus dur restait à faire : 110 clubs présents sous forme de binômes, avec bon nombre de joueurs redoutables parmi eux. Tout sauf des touristes, donc.


C'est sous un soleil matinal plaisant que Tom et moi avons pris un petit-déjeuner à Bercy Village, accompagnés de notre bienveillant "consultant" pour l'occasion : Nicolas alias Perko, qui réside en effet à deux pas de l'hôtel Pullman Bercy et avait participé au Winamax Club Trophy l'an passé. Toute expérience étant bonne à prendre, nous avions ainsi convenu qu'il nous rejoindrait Tom et moi afin non seulement qu'il nous remette les derniers stickers 3DMAX mais aussi qu'il nous souffle un ou deux conseils relatifs à la gestion de cet événement un peu particulier où les performances individuelles et collectives du binôme s'enchevêtrent le temps d'un week-end.


Un polo personnalisé !
Le tournoi principal Main Event ne commençait qu'en tout début d'après-midi vers 13h15, mais nous avons donc pu procéder à la validation de notre inscription dès 10h30, recevoir les goodies de bienvenue (Polos personnalisés avec l'emblème du Winamax Club Trophy) et prendre possession du pass magnétique de notre chambre. La chambre s'avère spacieuse et luxueuse. En prime, vu que nous sommes plutôt en avance, nous avons même pu reprendre une ou deux viennoiseries et jus de fruits en attendant l'arrivée de l'ensemble des participants.


En tant que fidèle auditeur du Multiplex Poker du dimanche, je reconnais la voix caractéristique de Benjo derrière moi et nous échangeons quelques mots. Il est couvreur officiel Winamax pour l'événement et c'est l'occasion d'échanger quelques mots bienveillants en sa compagnie. Il choisira d'ailleurs d'immortaliser notre entrée en lice dans la compétition avec une petite photo qui illustrera son reportage officiel sur les pages internet de Winamax ainsi que sur le forum wam-poker. Nous arborons fièrement nos patches 3DMAX et bombons le torse. La vie est belle et nous sommes résolus à ce qu'elle le demeure le plus longtemps possible.


Miam miam !
Le plantureux repas du midi constitue un exquis préambule au regard du week-end de compétition qui nous attendait. La preuve en images avec mon entrée XXL. Je me pourlèche les babines à tel point que prendre une photo avant de goûter ressemble déjà à un effort surhumain, tellement on appétit est exacerbé par la compétition à venir. Le choix du plat de résistance  - faux-filet ou saumon - est cornélien, mais j'opte finalement pour la viande. Tendre et juteuse comme j'aime. La panse est pleine. Je me sens bien. Mes adversaires vont pouvoir voir de quel bois je me chauffe, moi le nouveau Pantagruel du poker.


Goodies bonus : paquet de cartes, sac de toile, foulard.
Une fois le Main Event commencé, ce fut malheureusement pour moi un parcours du combattant. Option gadoue et éraflures. Il faut dire que le niveau de jeu moyen est plutôt solide, et s'extraire de la masse s'avère être une opération plus délicate que prévu. Je patine bien plus que je ne le souhaiterais face à cette centaine d'adversaires affûtés, tant et si bien que je possède un stack légèrement inférieur à la moyenne à la pause. La faute à deux gros coups difficilement évitables m'ayant mis en situation inconfortable :
- Avec deux paires max floppées, on se croit beau... mais lorsque l'adversaire a brelan dans le même temps, ça fait mal aux dents.
- Placer avec succès deux barrels suivis par l'adversaire optimiste qui défend sa petite paire alors qu'on est largement devant, c'est bien ; mais lorsque la river lui offre un full miraculeux, c'est autrement plus problématique.


Marée basse
Passé la pause, je ne peux que constater les dégâts : Tom est déjà éliminé, tandis que je demeure en position fragile. Pour rebondir, il me faut serrer les fesses (ainsi que mon jeu) et invoquer dame chance lors des confrontations à tapis. Bien qu'en fâcheuse posture, j'y crois toujours, rien n'est joué. Malheureusement, la première rencontre à tapis pré-flop m'est immédiatement fatale. Le poker est souvent affaire de coin flips : paire de 10 chez moi vs As-Dame chez mon adversaire, en l'espèce. Une dame au flop et l'élimination aux alentours de la 75e place (pour 110 inscrits) met un terme à mes ambitions individuelles. Tout du moins dans l'immédiat.


Embarquement immédiat
Nous savons qu'il nous faut à tout prix briller sur le tournoi turbo de rattrapage du lendemain Tom et moi pour espérer sauver la situation, à l'image de ces judokas éliminés prématurément aux JO mais qui peuvent encore rêver de médaille de bronze lors des phases de repêchage. En attendant, une belle soirée de gala dans les entrailles d'une péniche nous attend et je décide de me faire beau en prenant un langoureux bain chaud. D'humeur guillerette malgré les quelques éliminés déçus de leur prestation, la troupe de plus de deux cent vingt qualifiés longe la Seine quelques minutes et pose pied vers 19h30 sur une vaste péniche baptisée à raison "Le Paquebot" afin d'y prendre un apéro, avant embarquement pour une promenade fluviale inoubliable.


Paris sur la Seine dans le crépuscule
Sur la péniche, ça discute à tout va : on refait le match avec ses binômes, avec ses adversaires, avec ses connaissances, aussi, puisque certains pseudos et visages familiers sont présents. La promenade sur la péniche est ainsi des plus plaisantes : la météo est bonne, le soleil décline paresseusement comme lors des douces journées de printemps et les mignardises et autres coupes de champagne contribuent à rendre l'instant inoubliable. C'est une Dolce Vita made in Winamax mâtinée de La croisière s'amuse, un groupe musical égayant la promenade fluviale de la plus belle des manières tandis que deux prestidigitateurs font fureur avec leurs tours de magie.


Club Poker Radio aux premières loges
Julien Cazarre, mon idole, est également présent sur la péniche en tant que guest star, flanqué de son acolyte Thomas Séraphine. Autres convives de qualité : l'équipe de Club Poker Radio, qui a tôt fait d'entamer un live radio dans les entrailles de la péniche. Je suis d'ailleurs invité par Webmaster Laurent à assister au show, marqué du sceau de l'humour et de la détente, Julien Cazarre faisant office de trublion parmi les invités joueurs de club qui s'expriment à l'antenne en toute décontraction. Une fois Le Paquebot revenu à quai, chacun est libre de rentrer à l'heure de son choix. Je me sens léger comme une plume et profite un dernier instant des réjouissances. En rentrant dans la chambre, je vois que Tom est déjà en train de batailler sur son ordinateur portable sur les tables de Winamax. Pour ma part, je préfère miser sur la récupération et m'endors du sommeil du juste... Je l'entends ronfler à un moment donné, mais parviens à passer outre : le jour commence déjà à poindre, une belle journée de poker m'attend.


Side Event Turbo
Mon tournoi turbo de rattrapage du dimanche matin ressemble beaucoup au Main Event, à ceci près que la structure est bien plus rapide et que certaines mines sont un peu plus renfermées et fatiguées par rapport à la veille, certains joueurs n'ayant pas hésité à jouer les prolongations festives jusque très tard dans la nuit. Je suis éjecté de la compétition en milieu de peloton là encore sur un coin flip perdu (77 vs AK) tandis que Tom fait quant à lui durer le plaisir pour un temps. Manque de bol, les inscriptions pour le tournoi de Head's Up sur ipad sont closes au moment où je suis éliminé du tournoi turbo. J'accuse un peu le coup, triste de ne pas faire partie des 32 participants à ce mini-tournoi de la dernière chance, mais l'heure du déjeuner approche et je retrouve alors un semblant d'appétit. Cette fois-ci, j'opte pour le plat de poisson et déjeune ainsi en mode ogre gourmet : menu XXL mais équilibré ! Ma meilleure performance du week-end à n'en pas douter.


Henri IV : "Ralliez vous à mon panache blanc".
Le soleil fait face à la concurrence des nuages au fur et à mesure que l'après-midi avance. C'est pour moi l'occasion de me livrer à quelques discussions finales autour d'un ou deux cafés avant les adieux aux quelques têtes connues amicales croisées lors de l'événement. D'humeur nostalgique, je choisis de longer les quais de Seine au fur et à mesure que les nuages s'amoncellent. La pluie s'invite alors et me glace peu à peu l'échine au fur et à mesure de ma promenade sur les quais pour rejoindre les locaux de Winamax afin de participer au Multiplex Poker. La dolce vita de la veille n'est plus qu'un doux souvenir. 3DMAX termine dans les profondeurs du classement général, tandis que le Club Gambetta Poker brille au firmament. Mais le combat ne s'arrête pas là. Car nous ferons mieux l'an prochain... c'est une certitude.