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mercredi 26 avril 2017

Le théorème de la river de zebezt

LA MINUTE TECHNIQUE DE MONSIEUR FREDYL - chapitre 2


J'ai beau éviter de parler de technique sur ce blog afin de ne pas rebuter le lecteur profane, j'ai tout de même envie de vulgariser quelques détails techniques et anecdotes s'y rapportant issus de mon expérience personnelle. Il y a quelques temps, j'avais été amené à me prononcer sur une action effectuée par un joueur à la river en disséquant une main sur le site rankinghero.com dans le cadre d'un petit jeu-concours : NOTRE ADVERSAIRE NOUS SURRELANCE A LA RIVER APRES QUE NOUS AYONS MISE TOUT DU LONG (FLOP TURN ET RIVER).

Mon analyse - certes empirique mais corroborée tout au long de ma vie de joueur de poker - me conduit à affirmer que lorsque l'on est sur-relancé à la river après avoir pourtant misé 3 barrels, notre main est perdante dans plus de 90% des cas, indépendamment de sa force et du montant de la sur-relance adverse. C'est ce que j'ai appelé Le théorème de la River de zebezt (par opposition au théorème de Zeebo en vertu duquel personne ne jette un full). Beaucoup de joueurs font l'erreur de call dans ce type de situation, fiers qu'ils sont de leur belle main (quinte, couleur, full...) Pourtant, il s'agit malgré tout d'un call extrêmement périlleux à faire. Quant à la sur-sur-relance elle est carrément à proscrire dans un tel cas de figure (sauf à posséder soi-même la main gagnante).

J'ai listé les 4 types d'exceptions à ce théorème de la river de zebezt qui justifieront toutefois un call en lieu et place du douloureux fold :
- Exception n° 1 : La Kamikazite aigüe. Lorsque l'on a profilé en amont un joueur particulièrement agressif et vicieux à tendance kamikaze (ou bien un joueur carrément mauvais à tendance suicidaire). Une rencontre de ce type aura tendance à se produire plutôt en début ou en milieu de tournoi.
- Exception n° 2 : Le tilté. Lorsque l'on à affaire à un joueur en tilt qui vient tout récemment de perdre un gros pot d'une façon qu'il considère comme injuste.
- Exception n° 3 : L'Ego Trip. Lorsque l'adversaire nous a nous même cerné (à tort ou à raison) comme un bluffeur patenté sur plusieurs coups en amont. Désireux de nous rendre la monnaie de notre pièce, notre adversaire peut avoir choisi cette main dans son plan de jeu en nous bluffant précisément sur ce type de coup.
- Exception n° 4 : Le Cliffhanger. Lorsqu'il s'agit d'un moment particulier du tournoi, ce type de move atypique avec une main non légitime peut alors émerger dans le cerveau d'un adversaire retors. Le momentum propice au vol : la bulle d'un tournoi, la bulle d'un palier de gains, ou bien encore lorsqu'il s'agit du dernier coup avant une pause.

Lorsque l'on possède soi-même la main gagnante en étant sur-relancé river après avoir placé trois barrels, on peut continuer à faire grossir le pot les yeux fermés. Mais dans tous les autres cas de figure, lorsqu'on est sur-relancé river par un adversaire alors qu'on a misé successivement trois barrels, le call est à proscrire dès lors que l'on ait pas clairement identifié l'une des quatre exceptions au théorème de la river (telles que recensées ci-dessus). J'ajouterai que ce théorème de la river de zebezt s'applique également au Omaha. On doit jeter sa main. Même si elle est très puissante. Même si la sur-relance adverse est modeste. Même si le pot est conséquent. L'adversaire sera en value dans presque tous les cas de figure.

Se résoudre à abandonner une magnifique main constitue une décision certes douloureuse à prendre, mais savoir souffrir en silence lors d'une mauvaise rencontre est l'apanage des vrais bons joueurs. Du moins, c'est ce que je crois.

lundi 10 avril 2017

Et Marketluck s'en est allé...

En juin 2004, le mythique Patrick Le Lay, alors président de TF1, suscitant l'émoi - voire l'effroi - avec une déclaration cynique assumée. " A la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...). Or, pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible". Il n'avait pas tort, sur le fond. Sur la forme, en revanche, cette stupéfiante franchise lui a valu une levée de bouclier dans les milieux de la culture et de la création artistique.

Dans le poker aussi, et avec une petite décennie de décalage, certains ont repris ce même concept consistant à détendre le consommateur-joueur afin de le rendre réceptif à un message publicitaire imminent. Plutôt que de miser sur une offre de poker payante au sens classique du terme, BankOfPoker et Marketluck ont ainsi investi le créneau du poker en ligne gratuit avec des spots de publicité obligatoires à se farcir entre deux coups de poker. Avec à la gagne des bons d'achat ou des chèques de faible montant.

Mais je ne pense pas que ce segment ait été optimisé au mieux. Je n'ai pas été séduit ni même convaincu par BankOfPoker, vite délaissé. En revanche, j'ai pas mal joué sur Marketluck, et accumulé de la sorte bon nombre de bons d'achats. Mais cela ne m'a pas empêché de demeurer critique sur les (non) choix stratégiques dans le développement de cette offre poker alternative. Car si sur le papier le concept était viable, en pratique trop de flou dans le plan de développement de cette offre d'un type particulier a contribué à la rendre difficilement tenable sur le long terme. Trop de passivité dans la gestion au jour le jour de la plate-forme, des erreurs tactiques et des approximations : difficile dans de telles conditions d'instaurer un business model pérenne et profitable à tous (entreprise, partenaires et clients). On passera sur le côté sulfureux de ce dossier, en l'absence d'éléments objectifs pour se prononcer.

Ce lundi 10 avril 2017 marque donc la fin d'un chapitre pour le poker ludique et récréatif, puisque c'est en ce jour que Marketluck et son alter ego BankOfPoker cessent leur offre de poker gratuit. Finis, les bons d'achat gagnés gratuitement au poker par les joueurs récréatifs en échange d'un peu de leurs temps de cerveau disponible. Même si cela faisait quelques temps que je n'y trainais plus mes guêtres, cette nouvelle ne  me laisse pas totalement indifférent. Cet arrêt programmé de Marketluck et de BankOfPoker suscitera l'indifférence voire le dédain au sein de la communauté poker hexagonale. Mais mon cerveau a pour habitude de raisonner par comparaison et je considère que le poker est une passion ayant besoin d'un maximum de combustible pour entretenir la flamme auprès du plus grand nombre sur le long terme. Le combustible en question, c'est une offre de poker qui soit à la fois diversifiée, médiatisée et structurée. Or, un segment marginal de cette offre diversifiée s'éteint. Dans ces conditions, la cessation de cette offre de poker gratuit en ligne constitue une mauvaise nouvelle pour le poker, quand bien-même elle n'émeuve pas grand monde aujourd'hui. La flamme du poker continue de briller. Mais elle a besoin d'un apport régulier en combustible. Sinon un jour, elle vacillera.







mardi 4 avril 2017

Le bourbier de mars

Un tigre dans mon moteur. Et pourquoi pas un poisson rouge ?
En ce moment, je me sens comme embourbé dans la gadoue. Que je joue bien ou que je joue mal, pas moyen de m'extraire de la masse à mes tables de poker en ligne. A tel point que je me suis aventuré sur le terrain du cash game, histoire de travailler mes automatismes de jeu avec un stack conséquent, en attendant de retrouver de meilleures sensations. A terme, ça peut tout à fait être profitable en tournoi de potasser sa technique de la sorte en cash game en jouant avec un maximum de profondeur. 

Pour ce qui est des variantes, j'ai mis la pédale douce car j'ai l'impression de m'être un peu trop dispersé ces temps derniers et je ne veux pas que mon niveau en hold'em en pâtisse. Pour autant, difficile de résister au plaisir d'un petit PLO8 (Omaha hi-lo), ma discipline de prédilection : en fin de session, le soir lorsque mes tournois n'ont pas été bien loin, j'aime me programmer un ou deux duels en Omaha hi-lo histoire d'aller me coucher avec la satisfaction d'une victoire, quand bien même elle soit chiche.

Pour le reste, je n'ai absolument rien à signaler. La réussite n'est pas au rendez-vous. J'ai essuyé des pertes (non significatives) au cours du mois de mars et quelques pépins de santé (mineurs) me confèrent provisoirement un petit côté ronchon qui n'est pas le plus à même de me rapprocher de mon A-game. En espérant qu'avril me soit plus favorable. Parce que là, c'est vraiment l'enlisement. J'ai beau avoir un tigre dans mon moteur, l'heure n'est tout simplement pas au rugissement. Même surnager s'avère difficile. Mais bon, enlisée ou non, la roue va finir par tourner. Ce n'est pas comme si j'avais un QI limité à 90 et un abonnement à vie à la poisse. Le bourbier va finir par s'assécher. Alors à un moment ou à un autre, le moteur vrombira et je parviendrai à tracer mon chemin à toute berzingue. D'ailleurs, quand bien même tous les chemins mènent à Rome, cette dernière ne s'est pas faite en un jour. Il en va de même au poker. Patience et solidité mentale sont deux piliers sur lesquels bâtir solidement sur le long terme. Alors on éponge les pertes et on repart de l'avant. Bientôt. Calmement.


mercredi 29 mars 2017

Jouer contrarié

Ce blog constitue pour moi un bon moyen de canaliser mes émotions et mon adrénaline en lien avec le poker. Les envies de rédiger me viennent d'ailleurs le plus souvent après avoir vécu des émotions fortes (bonnes ou mauvaises) et après m'être repassé certains moments-clef dans la tête. C'est dans de tels moments que j'ai la plume qui me chatouille. Mais pour ce qui est de canaliser mes émotions et petites contrariétés liées à la vie de tous les jours, c'est une toute autre paire de manches.

La contrariété et le stress génèrent une telle perte de lucidité que cela aboutit parfois à des pulsions proches de la frénésie destructrice. Les Etats-Unis d'Amérique, contrariés et meurtris par l'attaque surprise de septembre 2001 se sont lancés dans une lutte impitoyable contre le terrorisme international. Mais pas seulement. Car cette soif de revanche leur a fait commettre au passage bon nombre de bourdes ayant pour effet d'éloigner pour longtemps ce pays du chemin de la vertu et de l'exemplarité à travers le monde. L'Irak a ainsi été mis à feu et à sang, alors que les prétendues armes de destruction massive prétexte à pareille intervention n'existaient pas. Dommages collatéraux.

Vais-je prendre la bonne décision ?
Heureusement pour moi, mes soucis personnels sont bien plus anodins pour le destin de la planète. Mais ils ont tout de même un impact sur mes sessions poker. Il y a deux jours de cela, j'ai entamé une séance de jeu en étant très contrarié. Pour diverses raisons n'ayant rien à voir avec le poker, mais qui ont eu pour effet d'influer de façon substantielle sur ma qualité de jeu du fait de leur trop grande accumulation en un court laps de temps. Pour un peu, ça en serait presque amusant à observer tellement je pouvais palper les effets de la dégradation de mon jeu. Presque, seulement, car sur le plan des résultats, c'est dévastateur ; et je ne suis pas masochiste.

Au poker, le A-Game, cet état second permettant aux bons joueurs de prendre intuitivement un maximum de bonnes décisions au regard de la situation rencontrée (cartes, positions, adversaires, momentum) s'obtient par un mix de dynamisme et de discipline. Il s'agit d'un cocktail d'agressivité mâtiné de patience. Tout est dans le dosage. Mais les déséquilibres émotionnels ne sont jamais loin et feront immanquablement rater la recette. Un joueur démoralisé jouera trop passivement les coups et laissera passer sans s'en rendre compte les multiples opportunités de briller, tandis qu'un joueur contrarié exprimera sa frustration du moment via un excès d'agressivité qui risquera de le conduire dans le fossé à tout moment, accentuant encore sa frustration lors des mains suivantes et alimentant une spirale négative.

A titre personnel, j'ai la chance d'être assez peu perméable à ces fluctuations mentales néfastes. Mais je suis humain. Et j'ai donc pu expérimenter d'assez près le phénomène lors de mes toutes dernières sessions de jeu : jouer en étant contrarié a ainsi multiplié les d'erreur dans le calibrage de mes mises puisque je projetais bien malgré moi une partie de ma frustration sur les joueurs adverses venant se mettre en travers de mon chemin. Quand bien même ces derniers n'aient rien à voir avec la source originelle de la frustration. Un manque de discipline palpable mais difficile à endiguer sur le moment.

Face à une telle situation négative, il faut pouvoir évacuer l'amertume le plus vite possible par des moyens plus appropriés. Il existe de multiples façons saines et constructives afin de se défouler efficacement lorsqu'on est contrarié par l'impuissance du moment à résoudre les difficultés rencontrées. Faire du jogging, pratiquer un sport à en transpirer de partout, prendre des vacances au soleil, aller crier seul dans la forêt ou au bord de la mer devant le ressac des vagues, prendre une longue douche, etc. Voilà des méthodes efficaces afin de se défouler et repartir du bon pied. Il y en a bien d'autres. Mais s'assoir à une table de poker en prenant ses adversaires pour des punching balls virtuels ne constitue définitivement pas un exutoire efficace lorsqu'on ressent les effets de la contrariété (au même titre que se gaver de nourriture, boissons alcoolisées ou toute autre activité générant une addiction). Ou alors c'est un exutoire qui risque de coûter cher.

Au poker, on se bat aussi et surtout contre soi-même. A fortiori lorsqu'on a un tant soit peu de talent. Le mental et le moral sont déterminants dans l'obtention des résultats tout autant que la technique et la chance. Je souhaite continuer à vivre ce jeu comme un art, source intarissable de plaisir intellectuel et d'orfèvrerie ludique. Alors demain, c'est décidé, je ferai 10 fois le tour du parc. Ca m'évitera d'aller envahir l'Irak pour rien.


Note pour plus tard : jouer au poker en étant contrarié est contre-productif pour les finances.


samedi 25 mars 2017

Jeter la main gagnante en toute connaissance de cause

LA MINUTE TECHNIQUE DE MONSIEUR FREDYL - chapitre 1


Ce blog de poker n'a pas réellement vocation à parler de technique, mais de temps en temps, il faut bien en parler un peu, d'autant qu'en l'espèce l'anecdote est croustillante. Il m'est en effet arrivé aujourd'hui quelque chose de rare : JETER VOLONTAIREMENT LA MAIN GAGNANTE à la river lors d'un gros pot ! Et ce, sans qu'il soit aucunement question de favoritisme ou de collusion. Comment ai-je bien pu en arriver là ?



Fredyl en cash game vs un écervelé :

PREFLOP : Je suis à une table de cash game micro-limites et je suis muni d'une belle main de départ : AS-DAME. J'ai 250 blindes en stock, en bataille de blindes contre un adversaire ultra-profond qui dispose de 300 blindes. Il limp le coup, et je décide d'effectuer une petite relance. Le pot au flop fait donc 6 blindes. 

FLOP : Suite à un flop ultra favorable proposant un premier AS, puis un second AS et ensuite une carte quelconque (un SEPT), j'effectue une petite mise de continuation, que mon adversaire paie sans broncher. Le pot fait à ce moment-là 10 blindes. 

TURN : A la turn, une DAME apparait, m'offrant un merveilleux full. J'effectue une petite mise de 4 nouvelles blindes, payées par mon adversaire. Le pot fait 18 blindes. 

RIVER : la cinquième et dernière carte est... une nouvelle DAME. A ce moment-là, mon adversaire fait tapis pour 300 blindes (soit plus de quinze fois le montant du pot !!!). Avec cette DAME à la river, n'importe quel AS en main lui donne de ce fait un full de valeur équivalente au mien. Si je paye la mise adverse et accepte de mettre mes 250 blindes sur la table, il y a plus de 99 % de chances que le pot soit ainsi divisé en deux parts égales... mais mon calcul doit tenir compte du rake (la commission prélevée par l'opérateur sur le pot étant de 6.5%). 

DECISION : Sachant que ledit rake pour un pot de 500 blindes serait de 32 blindes, effectuer le call ici m'appauvrirait au final de 16 blindes tandis qu'en renonçant volontairement au pot je n'en perdrais que 9 ! C'est la raison pour laquelle je me suis résolu à jeter cette main, pourtant gagnante, sans l'ombre d'un remord. J'aurais perdu davantage en partageant le pot plutôt qu'en abandonnant le coup. C'est paradoxal mais c'est comme ça ! Mon adversaire était un joueur peu au fait de la notion de rake, sinon il se serait bien évidemment abstenu de commettre pareille fantaisie erreur mathématique en faisant tapis de la sorte.

MORALITE : Faire tapis à la river pour un montant indécent déconnecté de la taille réelle du pot alors que les chances pour que ledit pot soit au final partagé constitue une hérésie mathématique à une table de cash game. A bannir absolument. Le but en cash game n'est pas de générer du rake gratuit mais bien du profit exclusif. Dans un tel cas de figure, une relance calibrée raisonnablement est la seule alternative mathématique acceptable.



Autre cas de figure théoriquement possible : en tournoi (ou en sit and go) :

A bien y réfléchir, en tournoi, je ne vois qu'un seul autre cas de figure où il peut s'avérer profitable de jeter en toute connaissance de cause la main gagnante à la river sur un pot conséquent. Et encore, je ne suis pas persuadé que ce second cas de figure soit moralement acceptable. 

Il s'agirait de jeter la main gagnante à l'entame d'un palier de paiements, alors qu'on a une emprise sur la table et que l'on assèche de façon homogène l'ensemble des tapis de ses adversaires en raison d'une situation bancale selon laquelle aucun de ses adversaires ne souhaite prendre de risque afin de ne pas être le prochain sortant. Lorsque de tels cas de figure surviennent, il est très intéressant pour le cheap leader de la table de continuer à ponctionner ses adversaires. L'élimination du prochain joueur à la table risquant de rompre cette situation de fait où le racket de l'ensemble des joueurs de la table est tacitement autorisé, un cheap leader extrêmement rusé et aguerri pourra ainsi volontairement jeter une main gagnante afin de ne pas éliminer prématurément l'un de ses adversaires, de telle sorte que l'équilibre précaire à la table puisse continuer à lui profiter dans la durée : mieux vaut parfois ponctionner régulièrement des sources de profit dociles que d'en confisquer une autoritairement.



Jeter en toute connaissance de cause la main gagnante à la river ne constitue donc pas toujours une bourde imputable à un mauvais clic. Ni même un cas de collusion. Mais c'est néanmoins un cas de figure rarissime assez amusant à raconter... Quant à le vivre, c'est autre chose ! Le fait que les opérateurs de poker prélèvent du rake sur un pot splitté en cash game me parait une pratique inéquitable à bien des égards... mais l'Etat français ne se gênant pas pour imposer sa dîme exorbitante de 2% sur chaque centime misé, on comprendra que les opérateurs de poker en ligne rechignent à faire le moindre effort en la matière. Car in fine, les joueurs sont toujours les dindons de la farce.


lundi 13 mars 2017

Un peu de cash game pour changer

Je ne suis pas du tout un fervent adepte du cash game poker. J'en fais un peu de-ci de-là, lorsque j'ai envie de laisser au repos pendant quelques temps mon instinct de compétiteur de tournois ou lorsqu'une promotion organisée par une plate-forme de poker en ligne nécessite un passage par les tables de cash game afin d'être validée.

Car il ne faut pas croire : jouer les compétiteurs d'opérette à coup de tournois de poker en ligne génère une certaine usure mentale dès lors que les résultats du moment ne soient pas à la hauteur des espérances. Alors aller jouer un peu de cash game (ou de poker gratuit) sans pression peut constituer un bon compromis afin d'entretenir le plaisir de jeu sans pour autant sombrer dans la mauvaise addiction du joueur avide de se refaire après une mauvaise passe. 

Par ailleurs, sachant qu'il est d'usage chez bon nombre de plate-formes de mettre en place ponctuellement des promotions intéressantes - avec bonus et autres dotations additionnelles alléchantes - nécessitant de sortir du pré carré habituel poker, chasser les promotions poker de la sorte constitue aussi l'occasion de s'essayer à des disciplines (cash game classique, speed poker, sit and go...) auxquelles je ne m'adonne que de façon occasionnelle. 

C'est ainsi que parfois, pour peu qu'on y mette un peu de bonne volonté, ces "exercices de style" consistant à jouer dans des formats poker habituellement relégués au second plan - voire carrément négligés - peuvent générer quelques bonnes surprises, permettant un plaisir de jeu renouvelé (auquel on ne s'attendait pas forcément) avec en prime la faculté de peaufiner sa technique de jeu sous un nouvel angle.

Je pense qu'une pratique assidue du cash game et du speed poker constitue l'équivalent du solfège pour le musicien qui fait ses gammes. La technique d'un joueur de poker pourra ainsi y être affinée pour ce qui est des calculs d'équités et de cotes mathématiques et même s'il est vrai que certains musiciens particulièrement doués n'ont pas besoin de connaitre leur solfège pour composer des mélodies parmi les plus harmonieuses, d'un point de vue poker cela ajoute quand même une précieuse corde supplémentaire à son arc lorsqu'on est un joueur plus ambitieux que la moyenne. Quand bien même je sois un joueur plus intuitif que méthodique, il n'est pas à exclure que ma pratique accrue de cash game et de speed poker de ces derniers temps influe à terme sur ma façon de jouer mes tournois, en y réincorporant un zeste de théorie en plus ; encore faut-il que cette influence soit in fine positive : le fait d'ôter quelques cailloux à son jardin ne doit pas avoir pour effet d'en faire une jachère. Je vais donc scruter dans les prochaines semaines et les prochains mois mes performances en tournois et voir si les petites graines du bourbier ambiant y poussent plus efficacement. Sait-on jamais...

Le cash game à grande vitesse, ça décoiffe




jeudi 2 mars 2017

Février tronqué : dépendance au sentier et hibernation

Tout le monde le sait, le mois de février est le plus court de l'année. Un jour lointain, lorsque l'humanité aura un peu de temps à perdre - si j'ose dire - il faudra qu'elle pense à raboter deux mois de 31 jours du calendrier annuel actuel afin de pouvoir rajouter deux jours à février et d'équilibrer un peu les choses. 

Car février est le laissé pour compte des almanachs. On appelle cela la dépendance au sentier : un ensemble de décisions passées influant fortement sur les décisions futures. C'est le poids des habitudes ; des particularités historiques ont cessé depuis belle lurette d'être optimales ou rationnelles mais perdurent vaille que vaille car les changer impliquerait un coût ou un effort d'adaptation trop importants, alors même que ces changements seraient bénéfiques à terme.

Février et ses 28 jours 1/4 !! Personne ne s'en offusque, mais moi qui ai un sens profond de la logique, cela m'égratigne depuis l'enfance. Il n'y a que les salariés payés mensuellement qui se réjouissent. Ils sont légion en France. Las ! Que n'ai-je pas choisi d'écrire un blog intitulé "Fredyl à la conquête du bon sens" ? L'injustice faite à février y serait longuement développée. Mais je m'égare. Je suis censé parler de poker sur ce blog-ci.

Toujours est-il que les chances d'obtenir une performance poker significative pendant un mois de 28 jours sont plus faibles que les autres jours de l'année ; de même que les chances d'écrire davantage d'articles de blogs que les autres mois sont également plus faibles. Logique imparable. Si j'ajoute à cela le fait que j'aie joué au cours de février avec une bien inhabituelle intermittence, on comprendra aisément que je ressemble actuellement bien plus à un ours sortant péniblement de sa phase d'hibernation qu'à un joueur talentueux en pleine réussite. Le nombre de mes tournois joués est famélique et mes performances notables inexistantes. Je me sens tout maigrichon, titubant, les yeux éblouis par l'excès de luminosité au moment de sortir de ma tanière hivernale. Il va falloir reconstituer mes stocks de graisse au plus tôt.

Il ne s'est donc rien passé de significatif en février (à une petite exception près) et je demeure toujours dans le rouge depuis le début de l'année, les pertes excédant les gains de manière significative. Ce n'est pas à cette cadence-là que j'arriverai à quoi que ce soit de significatif en 2017 : si tous les chemins mènent à Rome, ceux qui mènent à Vegas ne s'empruntent pas à reculons ! Qu'on se le dise. Aussi, je vais tâcher de me retrousser un peu les manches, afin de sortir les as qui y sont blottis et d'abattre de bien meilleures cartes sur la table. Le tout sans tricher. Comprenne qui pourra.






mardi 28 février 2017

Confusion de jetons : un mauvais rêve

La nuit passée, j'ai fait un rêve relatif au poker. Un rêve plutôt désagréable probablement imputable à un challenge au long cours sur lequel je m'échine depuis quelques jours et qui implique que je sois amené à fréquenter les tables de cash game en ligne : ne faisant pas partie des joueurs les plus aguerris en cash game et me heurtant au mur de la variance, je suis en plein doute vis-à-vis de mon jeu dans cette discipline particulière, au point d'en conclure de façon empirique que le calibrage de mes relances n'est probablement pas le plus adapté à la discipline. Or donc, dans ce rêve, je me retrouvais à une table en live, croisant le fer contre des adversaires goguenards en raison d'une trop grande timidité du montant de mes mises et relances, justement. 

Rêve très peu plaisant, donc, car j'étais en quelque sorte devenu la tête de turc de la table, cible de multiples railleries et blagues adverses du fait de mon excessive prudence à table. Recevant une main potentiellement intéressante en position de big blind, je me retrouve à hésiter une énième fois sur le comportement à adopter face à une relance de 1.000 (2 fois la blinde) de la part d'un adversaire qui me charrie sur ma passivité tandis que deux autres s'esclaffent : malgré une main tout juste décente je décide alors de sur-relancer en prenant quatre jetons de 500 et en les posant énergiquement sur la table, pour une sur-relance correspondant au double de la relance initiale de l'adversaire qui se gaussait de moi. Mais le brouhaha à la table cesse aussitôt sans que je comprenne immédiatement pourquoi car en fait, ce ne sont pas quatre jetons de 500 (soit 2.000 jetons au total) que j'avance sur la table, mais 4 jetons de 5 000 (ce qui fait 20.000 jetons !), par mégarde. Cruelle confusion de ma part car ma main n'est nullement exceptionnelle et c'est dès lors une bonne partie de mon stack qui se retrouve engagée dans ce coup. 

Dans ce rêve, je confonds donc des jetons de façon grossière : à partir de cet instant, mon regard se noircit car ayant malencontreusement posé sur la table un montant dix fois supérieur à ce que j'avais envisagé, je suis obligé de simuler une main premium. Je conserve un buste droit et immobile, tel une statue. Même un Dominik Panka des grands soirs n'aurait pas fait plus statique que moi à cet instant. Le chambreur couche sa main au bout d'une longue hésitation, non sans montrer une belle paire de valets au passage. Mes adversaires me regardent alors d'un autre oeil : ces derniers cessent de me chambrer, et l'ambiance à la table passe d'un extrême à l'autre : un climat de tension s'invite alors pour la suite de la partie. Les regards deviennent sombres de part et d'autre. Cette erreur de manipulation aura bien malgré elle rebattu les cartes.

Comme toujours, une interprétation d'un tel rêve n'est pas des plus aisées. Quoi qu'il en soit, l'image que l'on donne à table est aussi importante que les cartes que l'on joue et le calibrage de ses relances constitue un vecteur important dans la perception qu'à autrui de son niveau de jeu. Que ce soit en plein connaissance de cause ou à notre insu.

A contrario, ce rêve de confusion de jetons me donne un idée de feinte vicieuse à mettre en place. Un jour, en live, je tenterai de faire le même move que dans ce rêve, mais en toute connaissance de cause : avec une paire d'as en main, contre un adversaire orgueilleux ; je ferai alors en sorte de prendre une mine affligée, comme s'il s'agissait d'une erreur grossière de jetons de ma part. En espérant un call. Parfois en live, les joueurs fatigués se trompent de la sorte (les coverages poker en attestent), aussi je me dis que ceci pourrait faire office de ruse efficace un jour prochain. A méditer. Je suis un stratège. Même quand je dors.


lundi 20 février 2017

Vibrez, vibrez, il en restera toujours quelques ondes...

Bien que me caractérisant comme un homme de l'ombre, je suis un enfant de la Ville Lumière. Ceci explique en grande partie pourquoi en tant qu'amateur de football, j'entretiens depuis ma tendre enfance une relation passionnelle avec le Paris Saint Germain. Pas plus tard que ce dimanche, j'ai été gracieusement invité au Parc des Princes afin d'assister au match opposant le PSG à Toulouse... piètre résultat nul 0-0 mais peu importe. J'ai vibré. Car j'aime le football dans sa beauté sauvage, dépouillée, passionnelle.

Le fait est que depuis mes débuts au poker il y a quatre ans, j'ai pu disputer et remporter bon nombre de tournois de poker en ligne dont la dotation ajoutée consistait en des places pour des matches de football. Que ce soit à Paris, à St-Etienne, à Bordeaux, à Marseille, au Stade de France... ou bien encore à Rio De Janeiro. Le poker m'a littéralement abreuvé de football. Et continue à le faire, au gré des intermittentes mélopées dont seule Dame Chance détient la clef de sol.

Et justement, lundi 13 février se déroulait sur Winamax un tournoi de poker de cet acabit, garantissant aux meilleurs deux places pour le match de championnat qui opposera le 26 février au Stade Vélodrome l'équipe de Marseille au Paris Saint-Germain, sachant que Winamax est cette saison encore partenaire du club phocéen. Et me classant parmi les premiers de ce tournoi, j'ai donc gagné deux places pour aller assister au match. Du bonheur en perspective !

Je suis allé voir du football au bout du monde. Marseille, c'est la porte à côté, en comparaison de ce que j'ai pu faire par le passé. Oui mais voilà : un tel déplacement en direction de Marseille depuis la capitale nécessite une certaine souplesse dans l'emploi du temps ainsi qu'une logistique opérationnelle que je ne possède désormais plus. Je ne suis plus un homme libre. Pour qu'elle puisse s'exprimer sans entrave, ma liberté nécessiterait deux ingrédients que je suis contraint de rationner : du temps libre, et de l'argent disponible. Sachant que je ne suis plus le détenteur de la carte IDTGV illimité comme j'ai pu l'être par le passé, le déplacement reviendrait relativement cher (TGV+hôtel), ou alors serait long (covoiturage) et/ou pénible (bus+hôtel). Dans de telles conditions, après avoir passé en revue toutes les hypothèses sans qu'aucune ne donne satisfaction, c'est la mort dans l'âme que je vais devoir faire l'impasse sur ce petit déplacement : j'espère ne pas insulter le Dieu Du Poker en renonçant avec nonchalance à l'un de ses bienfaits.

diapason, vibrations et mélodie secrète...
Vibrer devant un match à enjeu me procure des sensations incroyables. Mais pour cette fois, pas de diapason, ni de caisse de résonance à l'occasion de cet OM-PSG malgré les deux places gagnées pour le match. Je regarderai la rencontre à la télévision, en sourdine. En faisant même probablement en parallèle un ou deux tournois de poker en ligne... tant pis pour le risque de torticolis ! Mais d'autres occasions de vibrer viendront à moi, inexorablement. Demain, le mois prochain, l'année prochaine ou dans dix ans : les échos sont légion, tapis entre les gouffre et falaises. Car la foi transporte les montagnes et je suis parcouru d'ondes magnétiques puissantes qui m'annihilent souvent mais qui me subliment parfois. Et car je suis né pour vibrer. Je ne veux pas mourir sans avoir vu le PSG brandir le trophée de la Champions League... ou sans avoir remporté un jour un tournoi de poker majeur... ou sans avoir vécu un tremblement de terre (rayer la mention inutile).

Je suis un véritable pérégrin du football. Dieu sait que ce jeu me fait vibrer. Outre les stades que j'ai pu visiter grâce à la magie du poker, le hasard de mes déambulations d'homme libre a fait que je me suis même retrouvé un soir à la Bombonera de Buenos Aires voir jouer Boca Juniors, dans un cadre surréaliste et une ambiance indescriptible, tassé par la foule dans les tribunes populaires tel un parisien dans le métro un soir de grève. C'était dans une autre vie, un soir de juin 2011. Le grand Martin Palermo faisait ses adieux au football et le dieu vivant Diego Maradona était même venu lui offrir l'accolade sur la pelouse à la fin de la rencontre. 



Les grandes équipes ne meurent jamais. Parce que la ferveur des masses fait vibrer les individus. Ce soir-là, j'ai compris que les performances sublimes trouvent souvent leur source dans la ferveur ultime. Vibrez, vibrez, il en restera toujours quelques ondes.

Ma passion pour le football n'est pas prête de se tarir. Ce blog poker non plus. Qu'on se le dise.


jeudi 2 février 2017

Janvier mois de malheur !

Il fallait bien que cela arrive un jour : j'ai fait un mois absolument catastrophique d'un point de vue financier. Janvier 2017 aura donc été mon plus gros mois perdant depuis mes débuts au poker en ligne. Le précédent mois morose remontait à ... janvier 2015. Mais la perte avait été toute relative comparée au gouffre que je suis parvenu à creuser au cours du premier mois de 2017.

Perdre davantage en un mois que ce que gagne sur la même période un honnête homme vivant de son labeur me semble tout à la fois choquant et immoral. Et pourtant, il faut bien se rendre à l'évidence : le poker opère au quotidien une redistribution des richesses sur des bases en grande partie inéquitables. A fortiori lorsque sont organisés par les plateformes de poker en ligne des événements particuliers avec des tournois plus richement dotés que d'ordinaire... mais dont les droits d'entrée sont en retour sensiblement plus élevés que ceux disputés d'ordinaire.

Hors de question de penser que je suis devenu mauvais du jour au lendemain, d'ailleurs mon logiciel de suivi de mes performances, Xeester, est fort heureusement là pour me signifier avec sa froideur statistique que sur le plan purement théorique (calcul d'EV) je n'ai pas particulièrement mal joué. Tout juste ai-je été un peu moins inspiré que d'ordinaire. Un peu moins en forme, également. Mais j'ai surtout été particulièrement malchanceux ! C'est bien simple, tout le long de ce mois de janvier, j'ai été incapable d'atteindre ne serait-ce que les places payées de la douzaine de tournois majeurs dont le droit d'entrée était compris entre 50 et 300 euros. Que ce soit en Hold'em, en Omaha, Omaha hi-lo, Omaha five ou Horse, j'ai été mis en échec à chaque fois. Voilà comment on creuse un déficit important en un laps de temps réduit : trop d'oeufs mis dans le même panier, un zeste de malchance... et patatras !

Certes, l'argent perdu sera regagné tôt ou tard. Je ne suis pas inquiet. Mais cette débâcle survient alors même que j'ai décidé d'accroitre la part de risque dans la gestion de ma cagnotte poker, et pour le moral c'est assez éprouvant de devoir en passer par là dès à présent. Enfin bon, il y aura des lendemains meilleurs. On oublie janvier 2017 et on passe à autre chose. Vite...